Il semblerait que la terre va s'arrêter de tourner, en tout cas au niveau du 45ème parallèle et plus particulièrement pour le territoire français... tout se casse la figure, nous venons de perdre le triple A. Alerte, les femmes et les enfants d'abord...
Ha bon ? D'accord !
Une agence de notation vient de nous attribuer une note dégradée.
- "une quoi ?"
- "une agence de notation..."
Pour mieux connaître l'animal, nous vous proposons la lecture trés enrichissante de l'article de
Xavier Dupret sur le site d'Investig Action. C'est fluide, pédagogique, précis, intéressant et on peut prendre un peu de hauteur pour passer par-dessus le discours ambiant de ces dernières semaines, qui nous rebat les oreilles avec cette catastrophique note.
Qu'en est-il donc de ces agences de notation ?
Elles distribuent des notes depuis trés longtemps nous rappelle M. Dupret. Créées au XIXème siècle, souvent par d'illustres personnages qui leur ont donné leur nom actuel, elles s'usent d'abord à l'évaluation des investissements dans le rail. A l'époque l'économie ferroviaire est florissante et ceux qui misent dessus ont besoin de garanties. Ils font appel aux "noteurs".
Ces agences acquièrent petit à petit une réelle autorité sur les marchés financiers jusqu'à devenir de véritables puissances, dictant les opérations de marchés les plus importantes.
Entre le XIX et les années 1970 elles ont eu le temps d'élargir leurs champs d'action à de nombreux marchés en croissance et de porter leur note sur tout ce qui se développe.
Insidieusement les marchés se libéralisent, les agences suivent le mouvement et proposent leur services ailleurs que dans la notation de l'économie d'échange et de contrepartie... c'est ainsi que commence l'ére de la notation des marchés virtuels.
La déréglementation des marchés entraîne de fortes accointances entre payeurs et "noteur"... on peut soupçonner quelques "arrangements" en faveur des uns et des autres et au détriment des marchés, de la croissance et de l'économie. Xavier Dupret avance même le terme de corruption. Tout oeuvre économique, quelque soit le projet, se doit désormais d'être d'abord rentable... difficile compatibilité avec les politiques publiques !
Nous y voilà. Les agences commencent à s'attaquer à la notation des dettes des Etats (les fameuses dettes souveraines, mais que reste-t-il de souverain dans une dette d'état ?).
Pariant sur la dette de tel ou tel état non vigilant, les investisseurs (souvent actionnaires des "noteurs" donc) font appel aux agence pour noter... la boucle est bouclée :
- "je te paie pour me dire que l'état untel est en dette afin de miser sur sa faillite et gagner de l'argent"... CQFD !
Dans le collimateur depuis les derniers événements, les agences font profil bas car il se trame une reprise en main par les états pour créer des agences publiques de notation... espérons-le !
De là à craindre la perte d'un A.... ha, ha, ha !!! un peu de sérieux M.M. les "noteurs", vous ne nous faites pAs peur !